La prochaine visite du Sponsoring Committee de l’Association Psychanalytique Internationale pour l’ALDeP aura lieu le week-end du 18 au 20 octobre 2019. Vous pouvez consulter les détails relatifs aux demandes d’entretien en cliquant ICI.

LETTRES D'INFORMATION

Le programme des conférences de l'année 2019-2020 est actuellement en ligne. Il est diffusé dans la section Calendrier (Activités scientifiques).

Le programme des séminaires de l'année 2019-2020 est actuellement en ligne. Il est diffusé dans la section Séminaires (Activités scientifiques).

Vous pouvez consulter le texte intégral de la conférence Je te hais un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ; Lorsque la haine donne naissance à la créativité (N. de Coster), donnée le 9 mai 2019 dans le cadre des activités scientifiques de l'ALDeP.

Vous pouvez consulter le texte intégral de la conférence Les solutions masochiques ; Enjeux et pistes thérapeutiques (M. Khoury), donnée le 21 février 2019 dans le cadre des activités scientifiques de l'ALDeP.

Veuillez trouver à partir du lien Society of the Month le texte sur l’ALDeP paru sur le site de l’Association Psychanalytique Internationale (IPA).

CONGRÈS INTERNATIONAUX
2019-2020

PUBLICATIONS

La section "Publications" vise à faire connaître les références bibliographiques des membres (publications éditées ou à paraître), les conférences déjà données ainsi que les articles qui traitent de questions théoriques, cliniques et de technique psychanalytique. Une section est également consacrée aux commentaires d'articles et d'ouvrages.
(Dans la sous-section "Publications des membres", les titres en rouge renvoient au résumé ou au texte intégral de l'article).

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Conférences


Thème de l'année 2019-2020

LE PROCESSUS DE L'ADOLESCENCE

Illustration : Untitled, acr. and canvas ; patches on canvas ; 107cm 91cm.
Ara Azad Barsoumian (1962-)
2006, USA.



Argument

L’adolescence, période caractérisée par une quête d’identité et d’autonomie, introduit à un processus de subjectivation fragile dont le mode pourrait être considéré comme typique des troubles contemporains de la subjectivation dans un contexte de « nouveau malaise dans la civilisation ».

Période qui s’inscrit dans un processus allant de l’enfance à l’âge adulte, elle rejoue rétrospectivement l’enfance et anticipe l’organisation adulte de la personnalité.

Dans les cas heureux, ce processus débouche sur un « au-delà », avec peu de conséquences déstabilisantes pour la vie adulte. Dans d’autres cas de figure, on assiste à un « ratage » de ce processus, ratage qui engage des réorganisations pathologiques (folie pubertaire, breakdown, dépressivité, troubles narcissiques) ainsi que d’autres, s’exprimant par l’agir et la dépendance (anorexie/boulimie, toxicomanie, scarifications, désordres psychosomatiques de l’adolescence) et pouvant constituer des prémisses possible d’états-limites plus stables de l’adulte.

Dans un contexte plus culturel et en rapport avec des crises économiques, politiques et militaires, l’adolescence est rattrapée par des processus identitaires pathologiques groupaux, qui viennent combler la béance laissée par des fragilités narcissiques propres à cette période ; c’est le cas d’adolescents utilisés et récupérés à des fins de pouvoir politique : les enfants-soldats.

En outre, et si l’on considère cette période comme un après-coup réorganisateur des remous pulsionnels de l’enfance, la crise du milieu de vie peut pour sa part constituer un Ersatz de l’adolescence. Face aux paradoxes de la maturité et des signes de l’avancement de l’âge, s'aménage un processus intérieur où se réveille une adolescence décalée, parfois mal intégrée.

Par ailleurs, l’assaut désintégrateur et débordant des métamorphoses corporelles de l’adolescence peuvent conduire à des cimentations psychosomatiques qui viennent réorganiser précairement des cassures (Breakdown, M. Laufer), difficilement gérables par un travail de représentation et d’élaboration psychique. Certains adolescents, « dépassés » par la pulsionnalité effractive de cet âge ont du mal à intégrer le corps sexué dans le psychisme et réagissent en mettant en place des solutions psychosomatiques ou masochiques (mutilations, scarifications). 

Cette année, nous nous intéresserons également à ce qui se passe chez l’adulte quand l’adolescence est « ratée », dans une sorte de post-adolescence, en référence à une conflictualité répétitive qui se joue chez l’adulte par une incorporation mélancolique de l’objet adolescent ou d’agirs répétitifs qui viennent commémorer une phase, peu ou non advenue. Le ratage du processus adolescent fera l’objet d’une journée d’étude durant l’année.  




CONFÉRENCE REPORTÉE

Conférence du vendredi 18 octobre 2019


POURQUOI UNE ADOLESCENCE ?

François LADAME
Présentation : Mouzayan Osseiran

« L’adolescence est un processus psychique long et semé d’embûches, mais incontournable pour être à même de dire « adieu » à l’enfance et entrer dans l’âge adulte sans trop de dommages. » F. L.

François Ladame est psychiatre, psychanalyste et ancien président de la Société suisse de psychanalyse. Médecin, chef d’unité de psychiatrie de l’adolescence à Genève et spécialiste du suicide et du psychodrame analytique, il est aussi l’auteur de plusieurs articles et ouvrages, dont Le suicide chez l'enfant et l'adolescent, Les états psychotiques à l'adolescence, Haine et adolescence : qui hait qui ? et Les éternels adolescents.

Depuis 2010, il préside le comité de parrainage de l'Association psychanalytique internationale qui travaille avec l'ALDeP dans une réflexion qui combine organisation institutionnelle, formation de candidats à la psychanalyse ainsi que développement de la pensée clinique et théorique.

Le vendredi 18 octobre 2019 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).

Frais d'inscription : 15000 L. L.




CONFÉRENCE DU 21 JUIN 2019

LES DÉCEPTIONS NARCISSIQUES PRIMAIRES ET LEURS EFFETS TRAUMATIQUES

René ROUSSILLON
Modératrice : Marie-Thérèse Khair Badawi

René ROUSSILLON est Professeur à l'université Lyon-II dont il a dirigé le département de psychologie clinique pendant vingt-deux ans.
Il est membre titulaire formateur de la Société psychanalytique de Paris et a été à plusieurs reprises président du groupe lyonnais de la SPP.
Auteur de nombreux ouvrages et articles dans des revues internationales, il obtient en 1992 le prix Maurice Bouvet pour son ouvrage Paradoxes et situations limites de la psychanalyse et en 2016, le prix Sigourney lui est décerné.
En 2010 et quelques mois après l'acte de fondation de l'ALDeP, il est invité au Liban pour soutenir l'association dans sa première rencontre publique, en y présentant une conférence sur les fondements de la psychanalyse.

Le vendredi 21 juin 2019 à 19h30, Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).


Frais d'inscription : 15000 L. L.




Conférence et atelier du jeudi 20 juin 2019 dans le cadre du CPNLF

Le jeudi 20 juin 2019, René ROUSSILLON donnera une conférence de 8h à 9h dans le cadre du Congrès de Psychiatrie et de Neurologie de Langue Française (CPNLF). La conférence, placée sous l'égide de l'ALDeP et portant sur les Nouvelles perspectives pour la symbolisation dans le monde actuel (Modératrice : M.-T. Khair Badawi), sera suivie d'un atelier ayant pour titre Quels ponts entre la psychanalyse, la psychiatrie et les neurosciences ?
Cet atelier regroupera différents intervenants autour d'une réflexion sur l'articulation entre psychanalyse et neurosciences (9h - 10h30).

Programme des Journées du CPNLF



CONFÉRENCE DU 9 MAI 2019

JE TE HAIS, UN PEU, BEAUCOUP, PASSIONNÉMENT, PAS DU TOUT...
Lorsque la haine donne naissance à la créativité

Nayla DE COSTER
Modératrice : Wafica KALLASSI


Argument

L'une des propositions fondamentales que la psychanalyse offre est que le comportement violent est engendré par les fantasmes inconscients et non seulement par la réalité et les traumatismes externes. 

Freud associe la violence à la scène primitive et au complexe d’Œdipe. Mélanie Klein décrit un bébé habité de fantasmes destructeurs, avide de la possession de son objet, envieux de ses objets externes et qui va mettre toute son énergie à les détruire tout en se détruisant lui-même. 

Dans cette présentation, j’aborderai la violence intra-psychique qui accompagne les fantasmes primaires en prenant l’exemple de l’œuvre de Louise Bourgeois.    Nous verrons ensemble comment l’artiste a pu élaborer, symboliser, sublimer ses fantasmes violents et comment cette sublimation réparatrice l’a aidée à survivre à sa haine au travers de sa créativité et de son art. 

Le jeudi 9 mai 2019 à 19h30, Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).


Frais d'inscription : 15000 L. L.



CONFÉRENCE DU 21 FÉVRIER 2019

LES SOLUTIONS MASOCHIQUES
Enjeux et pistes thérapeutiques

Maurice KHOURY

Modératrice
Marie-Thérèse
KHAIR BADAWI

Argument

C’est sans doute l’une des spécificités de la psychanalyse, que celle de voir dans les formes cliniques qu’elle approche, déjà une solution effectuée par la psyché… Rêve, inhibition, symptôme et angoisse, névroses, psychoses et perversions sont déjà en eux-mêmes, avant toute appréhension et compréhension, une solution de l’économie psychique.

La question du masochisme, qu’il soit masochisme pervers, érogène, « féminin » ou moral, n’échappe pas à cette équation. Cette pathologie de la pulsion, de l’altérité, qui touche le corps, la vie sociale et relationnelle (masochisme moral) se présente comme une solution partielle dans un ensemble qui risque de défaillir. Solution face à un narcissisme blessé, à un sentiment de culpabilité extrêmement pesant, à un vide existentiel ou une incapacité de penser, de jouer, de construire dans la durée.

Dans cette conférence, seront abordées les hypothèses apportées par l’expérience psychanalytique avec certaines pistes de réflexion qui pourraient dégager les perspectives d’une clinique risquant de se répéter à l’infini.

Le jeudi 21 février 2019 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).


Frais d'inscription : 15000 L. L.



CONFÉRENCE DU 13 DÉCEMBRE 2018

À PROPOS DES DOULEURS PHYSIQUES RÉCALCITRANTES
Approche psychanalytique et multidisciplinaire

Mona CHARABATY
Modérateur : Maurice Khoury

Invités

Dr Greta MOUTRAN SAMAHA (Anesthésie-réanimation, Acupuncture)
Dr Nabil OKAÏS (Neurochirurgie)


Argument

Les douleurs physiques, récurrentes ou chroniques, récalcitrantes aux traitements de tout ordre, restent une énigme résistant à l'élucidation, tout autant qu'elles le sont à la guérison. Elles mettent en échec et lancent un défi à la médecine traditionnelle, aux médecines dites douces ou parallèles, aux psychothérapies et à la psychanalyse elle-même. La conversion hystérique, le fonctionnement dit psychosomatique, le masochisme, n'ont pas l'exclusivité dans l'apparition et l'installation de ces douleurs. L'analyste les retrouve dans un large spectre de polarité de fonctionnement qui va de toute la gamme des névroses aux problématiques dites narcissiques ou à « parfum » psychotique ; polygenèse et polysémie rendant illusoire la réduction à une hypothèse explicative privilégiée et souvent peu prometteuse, une approche thérapeutique exclusive.

Un psychanalyste, un neurochirurgien, un médecin anesthésiste pratiquant une médecine parallèle, essaieront d'amener un éclairage à la question de la douleur rebelle et son traitement.

Le jeudi 13 décembre 2018 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).


Frais d'inscription : 15000 L. L.



Thème de l'année 2018-2019

FIGURES DE L'INCONTOURNABLE HAINE

Sculpture : Infância de Caim (L'enfance de Caïn). António Teixeira Lopes (1866-1942) Signé et daté 1890, Portugal.


Argument

Dans la sculpture de António Teixeira Lopes, le regard de Caïn ne déçoit pas. Corps d’enfant, éclat d’une innocence qui pourtant porte un regard d’hostilité : haine fraternelle, haine d’une humanité, haine de l’humain... haine humaine.

La haine et la destructivité, contenues et modérées par l’amour, constituent le fil rouge qui a traversé l’édifice psychanalytique depuis ses balbutiements, pour continuer à se développer et à se formaliser plus concrètement avec les successeurs de Freud. Si la question de la sexualité infantile, la « prédisposition perverse polymorphe » de l’enfant et ses retours dans l’œuvre ont occupé l’essentiel des élaborations analytiques du début, la haine et la destructivité – qu’elles s’expriment sous l’angle de l’énergie destructrice ou son contraire, la réduction à zéro de toute force vitale – ont jalonné son parcours théorique jusqu’à la fin.

Dans le corps : les premières dysfonctions hystériques paralysant un corps, le réduisant paradoxalement à un organe libidinal qui souffre de haine et d’amour, le désaide de l’infans aux prises avec un adulte qui peut ou non être secourable (le Nebenmensch de l’Esquisse…, 1895), les forces destructrices et punitives – quoiqu’aménagées par la libido – du sado-masochisme (1905, 1915, 1919, 1924), la théorisation contestée de la pulsion de mort comme « destructivité d’abord sans énergie » qui prend consistance secondairement avec le renfort de la libido, ou aussi se développe en énergie dévastatrice comme dans les textes sur la guerre (1915, 1933) et le malaise dans la culture (1930).

Dans la cure psychanalytique, la polémique avec S. Ferenczi met les fondements de la réflexion sur le transfert négatif dans sa valence de haine, couplée à l’amour de transfert (1937). Si la haine n’est pas prise en compte et interprétée dans le transfert, elle peut faire le lit d’impasses où la réaction thérapeutique négative peut porter préjudice au processus de la cure. Reproche que fit Ferenczi à un Freud qui, dans une réponse mitigée, reconnait la valeur de l’analyse du transfert haineux, estimant cependant qu’il n’est pas toujours décelable au moment de l’analyse.

Il revient aux auteurs post-freudiens de reprendre avec un développement plus formalisé les tenants de la haine et de la destructivité « active » comme composante de structure, inhérente au psychisme et à son organisation. Ainsi en est-il de la dynamique destructrice primaire, projective et persécutrice des premiers mois de la vie (M. Klein) ; cette découverte est par la suite nuancée et enrichie par les post-kleiniens et par D. W. Winnicott qui fait de la haine dans la clinique du contre-transfert un affect à reconnaitre, analyser et communiquer dans certaines organisations où l’agir prédomine (à savoir que Winnicott a aussi conceptualisé un type de haine de soi qui revient dans la cure par un effondrement proche de la description de la pulsion de mort désintriquée chez Freud). D’autres analystes contemporains décrivent un narcissisme de mort qui vise à l’abolition de l’unité du Moi (A. Green) ou un narcissisme blessé à mort qui, peinant à se rétablir, tente de se réaliser par un procédé d’emprise sur un objet dépouillé de toute subjectivité (les perversions narcissiques).

Le destin de la haine a également été l’objet de réflexions d’auteurs qui ont examiné les transformations sublimatoires de celle-ci. Ainsi en est-il de la créativité comme l’une des transformations possibles d’une pulsion destructrice épousant des formes culturelles, littéraires et artistiques diverses. Aidant à la réorganisation de l’énergie somato-psychique, les productions littéraires et artistiques peuvent témoigner d’un cheminement et d’un processus de transformation pulsionnelle aboutissant à l’œuvre, sans que cette dernière ne soit nécessairement réductible au processus en question. Sur un autre plan et en aval de la production elle-même, certains artistes procèdent à l’annihilation de leurs propres œuvres dans un mouvement de construction/destruction (F. Bacon qui détruit ses peintures réalisées vers 1944) ou de construction/destruction/reconstruction, à l’exemple de J. Baldessari qui procède à l’autodafé de son œuvre d’une certaine période pour en créer une nouvelle à partir des cendres. Un autre procédé artistique contemporain réside dans le geste volontaire de détruire, comme geste artistique (dessin effacé de De Kooning, réalisé par R. Rauschenberg). Dans ce cas, détruire l’art serait-il en lui-même un art.

L’irreprésentable haine et son retour dans le corps nous mène sur le chemin des somatoses, des dysfonctionnements et réactions somatiques, de certaines maladies auto-immunes qui peuvent aller jusqu’à menacer la vie. Que le moi en défaut de mentalisation ne puisse pas lier certaines représentations traumatiques, mène à un clivage qui paradoxalement engage le corps souffrant et protège le psychisme d’une sursaturation représentative. De ce fait, le symptôme psychosomatique protège et attaque en même temps : il protège le psychisme, au risque d’une destructivité de la pensée, et surcharge le corps. D’où la complexité de l’action thérapeutique, de la technique à adopter et de la temporalité engagée dans ce genre de distorsions.

Sans que cela ne fasse l’objet d’études structurées et conceptualisées, la haine et l’amour dans le mouvement analytique et dans les groupes intra et inter analytiques constitue l’une des situations les plus symptomatiques dans la progression du mouvement depuis le début de la psychanalyse (Jung, Ferenczi, Rank…). Discordes, dissensions, divisions, évictions, démissions ou démissions provoquées, désunions et ré-unions, passions et transferts groupaux ont été organiquement liés à une discipline qui pourtant, et malgré les « promesses » de son déclin, continue à évoluer de par les potentialités inhérentes à sa découverte depuis plus de cent ans (A. Green, Les enjeux de la psychanalyse à l’aube du 21ème siècle, 1999).

Afin d’assurer un encadrement à sa découverte et une transmission à sa conception de l’appareil psychique – encadrement loin d’être idéal, le purisme psychanalytique ayant montré qu’il n’a jamais été garant de son évolution –, Freud avait fondé l’Association psychanalytique internationale (IPA) en 1910. Les différentes réflexions sur une telle structure, mises à part leur aspect politique et démagogique, ont essayé au fil des ans de fonder un soubassement pour une mise au travail en mouvement afin de revenir à l’analytique là où parfois, la résistance institutionnelle gagnait du terrain au détriment d’une réflexion qui tente de maintenir ouvertes les découvertes freudiennes de base.

Au niveau géopolitique, haine et destruction – parfois avec la fausse couverture de l’extrémisme religieux, dans une haine de l’autre étrangement inquiétant et une haine et de soi – ont souvent rendu difficile, voire impossible, le développement de la psychanalyse dans certaines régions défavorisées ou embrasées par des guerres sans répit. En revanche, l’Europe, bercail de la psychanalyse a toujours été au cœur du potentiel évolutif de l’héritage freudien ; en témoigne le soutien par l’Internationale, du développement des sociétés de psychanalyse au Moyen-Orient et en Asie, appuyées par la Fédération européenne.

En réponse à la vision quelque peu pessimiste de Jacques Derrida (Geopsychoanalysis: … and the rest of the world, 1981) qui parlait des régions du monde où l’Homo Psychoanalyticus n’avait pas existé et n’existera peut-être pas, Peter Loewenberg et Nelly Thompson rappellent la naissance des récentes sociétés de psychanalyse qui viennent s’ajouter à celles qui se sont multipliées depuis la fondation de l’IPA dans de nouveau pays, dont le Liban (100 years of the IPA…, Karnak, 2011, p. xxvi) qui rappelons-le, a été le premier des pays arabes à promouvoir un discours psychanalytique, depuis 1980. Ce Liban au pied duquel Gérard de Nerval situe le berceau de « toutes les croyances du monde…, que c’est sur ce point de la terre qu’eurent lieu les scènes primitives de la bible… les premiers sacrifices… [et où l’on vous montrera] le rocher tâché du sang d’Abel… » (G. de Nerval, Voyage en Orient, Charpentier, Paris, 1851, p. 347).

Comme dans toutes les sociétés au monde, la psychanalyse au Liban a vécu des rivalités, des mouvements d’amour et de haine, des crises groupales et institutionnelles, des scissions, ainsi que des restructurations qui ont essayé, chacune à sa manière, de reprendre le travail là où les blessures avaient rendu difficiles la réorganisation d’une pensée analytique capable d’évoluer. Elle stagnait parfois, puis redémarrait dans un engagement indéfectible pour la transmission d’une psychanalyse confirmée par le réel de la clinique ; une psychanalyse comme discipline heuristique, thérapeutique et théorique. Chacun le fait selon ses convictions et son expérience sincère dans le cheminement pour lequel il s’est engagé.

Cette année 2018-2019, l’incontournable de la haine prendra, dans ses différentes figures et expressions, une place de choix dans la majorité de nos conférences et séminaires.
Un combat avec la haine, une négociation plutôt, une vieille amitié ou encore une patiente découverte : une intrication de la haine et de l’amour qui se sont toujours aimés et haïs un peu, beaucoup, pas du tout, passionnément, à la folie…


Programme des conférences.



CONFÉRENCE DU 24 MAI 2018

L'AUTRE LANGUE : PENSÉES PSYCHANALYTIQUES SUR LA MIGRATION
Perte de la culture et de la langue

Nayla DE COSTER
Modératrice : Mona Chahoury Charabaty


Argument

Dans une lettre à Raymond de Saussure, Freud écrit : « … Peut-être avez-vous omis ce point si douloureux pour l’émigrant… C’est – comment dire ! – la perte de la langue en laquelle on a vécu et pensé… »1
Parmi les nombreuses pertes que le migrant doit affronter, la perte de la culture et de la langue d’origine est particulièrement dévastatrice.
La culture est transmise et introjectée par la langue et la relation à la mère.
La langue d’origine en particulier, est une métaphore de la culture et possède, entre autres, une fonction contenante et structurante. Elle est infiltrée par des fantasmes originaires et la perdre pour la remplacer par la langue du pays d’exil, peut occasionner des clivages et des peurs inconscientes de briser le lien au Maternel.

Cette présentation va nous permettre de réfléchir sur le rôle et les enjeux de la langue maternelle dans la constitution des enveloppes psychiques, notamment de l’enveloppe sonore et du moi-peau au sens de Didier Anzieu 2.

1. Lettre de Freud à Saussure du 11 juin 1938.
2. Anzieu D. (1985), Le Moi-Peau, Paris, Dunod.


Le jeudi 24 mai 2018 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).



CONFÉRENCE DU 12 AVRIL 2018

STRUCTURATION DU DÉSIR PATERNEL CHEZ L'HOMOSEXUEL HOMME

Charbel SKAFF
Modératrice : Mouzayan Osseiran
Discutant : Maurice Khoury


Argument

Au-delà du débat sociétal sur le mariage homosexuel ou l’homoparentalité, la question du désir de paternité peut se poser, chez l’homosexuel homme, sous l’angle de la psychologie clinique.
Connaissant les relations établies, dès les débuts de la psychanalyse, entre homosexualité et perversion, on peut se demander si l’identité homosexuelle, chez l’homosexuel père, n’est pas une stratégie de défense contre un désir incestueux envers ses propres enfants.
À travers l’étude d’un cas concret, que nous classons dans l’homosexualité psychique avec des aspects fétichistes, nous établissons le caractère pervers et imposteur du sujet : Daniel se voit comme un homme possédant le phallus, et agit comme s’il était le phallus maternel. Le sexuel est chez lui de l’ordre de la manipulation. Il entretient une relation fétichiste à l’objet et se construit lui-même sa propre loi.


Le jeudi 12 avril 2018 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).



CONFÉRENCE DU 15 FÉVRIER 2018

DIEU LE PÈRE
De l'obsession

Wafica KALLASSI
Modératrice : Ingrid Sawaya Geday


Argument

« Dieu est sans aucun doute une femme » clament les féministes ! « Dieu n’est que l’image des parents combinés » affirment les kleiniens ! Tandis que Freud, athée et juif enraciné, affirme que Dieu n’est qu’une projection de l’image paternelle (vaterkomplex)… Il considère la religion juive comme étant celle du père et le christianisme comme la religion du fils rédempteur du meurtre originel du Père.
En réalité, la trinité bannira l’image de la femme-mère (la Sainte Vierge) en la suppléant par l’Esprit-Saint, triangulant un Œdipe inaccompli où l’espace entre père et fils reste énigmatique.
Le lien entre le patient dans l’exemple clinique et son père porte quelques ressemblances avec ce qui précède, avec une mère effacée et un père despote et violent qui le persécutera jusqu’après sa mort ! Contractant une névrose obsessionnelle religieuse grave, Fouad projette l’image de son père sur Dieu et entretient avec lui une relation de terreur, de culpabilité et de rituels expiatoires acharnés qui entraveront sa vie. Il crie de rage : « Je sens toujours que Dieu est lunatique ; quand je commets une erreur il me maudit, se met en colère, me chasse et n’est jamais satisfait. Je me sens rejeté, haï… Je ne me sens pas aimé, accepté comme je suis, comme si Dieu s’est désisté de moi et me déteste ! ».


Le jeudi 15 février 2018 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).



CONFÉRENCE DU 22 JUIN 2017

"NOUS"/"EUX"
Quand se manifeste l'"inquiétant"

Marie-Thérèse KHAIR BADAWI
Modérateur : Dr. Wadih NAJA

(Dr. W. Naja est psychiatre et membre de l'Association Libanaise de Psychiatrie dont il est l'actuel président)

Argument

Marie-Thérèse KHAIR BADAWI nous livre une impression à partir de laquelle elle va élaborer son propos. Voilà ce qu’elle nous confie :

Stupéfaction, consternation… m’animent face à ce que les différents médias nous donnent à voir tous les jours : des hordes de personnes à la gueule de métèque, hispides et hagards, se cramponnant misérablement à des barbelés qui se dressent çà et là pour les empêcher d’avancer. Ils viennent de partout où la misère est un mode de vie, allant vers ce capteur de rêves qui cristallise ce que représente pour eux l’Occident. Il est bien loin l’Orient des lumières… Que se passe-t-il vraiment ? Est-ce une confrontation entre Orient et Occident ? Ou bien « Le dérèglement du monde » par épuisement simultané de toutes nos civilisations ? (Amin Maalouf) L’histoire nous montre les innombrables guerres qui pendant des siècles ont déferlé entre ces deux pôles : équipées guerrières, conquêtes militaires, empires dictatoriaux… Dans un souci d’interdisciplinarité les historiens y répondraient mieux que moi. Mais mon questionnement cherche à comprendre le rejet éprouvé par les occidentaux dans ce qu’ils perçoivent comme menace à leur identité face à la déferlante étrangère – particulièrement musulmane – qui les envahit avec ce qu’on appelle aujourd’hui les migrants.

Novice en histoire, en débat politique encore plus, qu’il me soit permis de transposer ce débat collectif en débat individuel en parlant de vécus personnels qui semblent liés à ces sentiments de menace et de rejet, pour en arriver par la suite à essayer d’expliquer ce qui se passe au niveau général. Tentative limitée certes, pour rendre compréhensible le choc de la confrontation continue avec l’irrationnel…


Le jeudi 22 juin 2017 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).

(Peinture : Katya Trabooulsi, "Des autres", Éd. Tamyras, 2011).



CONFÉRENCE DU 11 MAI 2017

UN DIVORCE MEURTRIER
Wafica KALLASSI
Modératrice : Mouzayan Osseiran


Argument

Imaginons le scénario suivant : nous sommes pris en otage dans le labyrinthe infernal du film The Maze Runner (2014), entre la vie et la mort, écrasés entre deux murs géants ou dévorés par des monstres terrifiants. L'humanité entière est prise dans un étau : entre une maladie mortelle qui ronge le corps et des bombardements destructifs provoquant l'annihilation totale de la planète terre.
Survivre dans de telles conditions catastrophiques relèverait d'une simple coïncidence.

Dans un contexte analogue, se trouve notre jeune patiente, prise dans un processus de divorce entre deux parents qui s'entretuent en la prenant à témoin. Une issue dégageante serait-elle possible dans de telles conditions ? Peut-être, mais au prix de se laisser mutiler de parties de soi-même, fuir, réagir, se laisser mourir, ou alors user de cette épée empoisonnée contre les personnes qui nous rendent la vie infernale ! Christine Leprince l’affirme dans Le divorce : ses conséquences psychiques dans les liens familiaux (2010), en disant que « ... cette violence au cœur de la famille et du couple parental touche à des tabous de pensée fondamentaux qui protègent notre sécurité interne et notre identité. Ces fantasmes inconscients refoulés sont en lien avec les vœux parricidaires ou matricidaires et l’attaque du couple parental » (1).

Dans ce contexte, le processus œdipien devient des plus pénibles et confronte l’enfant à des mouvements régressifs, avec des défenses pré-œdipiennes paradoxalement gardiennes de la vie psychique.
Le conte écrit par Laura, nous révèlera les méandres de l’inconscient de nos enfants en grande souffrance devant cette épidémie de notre siècle, de nos couples et de nos familles : le divorce. 

1. Leprince Ch., Le divorce : ses conséquences psychiques dans les liens familiaux, Le Divan familial, In Press, 2010/1 n° 24, pages 109 à 122.  


Le jeudi 11 mai 2017 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).



CONFÉRENCE DU 23 MARS 2017

L'AUTRE : LE DISSEMBLABLE
Mouzayan OSSEIRAN
Modérateur : Dr Rabih EL CHAMMAY

Avec un témoignage du Dr Adel AKL


Argument

« Si nous n’étions si différents nous n’aurions pas si grand plaisir à nous entendre. » A. GiDE

… Mais en communiquant, arrive-t-on toujours à s’entendre ? Et par ailleurs, comment pourrait-on communiquer avec l’autre « l’étranger », celui qui vient vers nous ? Et cet étranger, qui pourrait-il être ? L’autre le dissemblable, le différent : le voisin d’en bas, ou celui qui vient d’une autre ville, le migrant qui arrive d’ailleurs, fuyant guerre et famine ? Le rejeter, le mépriser, ou le maltraiter ? Comment l’accueillir et comment lui venir en aide ?

« En parlant ça fait clair », dirait Freud. Certainement, puisqu’on est des « parlêtres » (Lacan) ; c’est-à-dire, des Êtres qui parlent, s’écoutent et dialoguent. Malheureusement, nous baignons actuellement dans une société barbare, brute, inculte, une société déshumanisante où les hommes n’ont plus figure humaine, ni voix ni regard humains. La haine, le « mal » sont à l’ordre du jour ; la haine de soi, de l’autre… de soi dans l’autre !

Le bien et le mal : vertus et vices surgissent de la même source, qui est la socialisation, l'humanisation de l'homme. La possibilité même de la dualité du bien et du mal apparaît au moment où l'homme s'aperçoit de l'existence des autres. Dualité qui le pousserait à réagir ; à réagir à l’extrême en essayant d’anéantir l’autre, et il se met lui-même hors circuit : « Pour elle [la réalité humaine], mettre hors de circuit un existant particulier, c'est se mettre elle-même hors de circuit par rapport à cet existant. » (Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant)


Le jeudi 23 mars 2017 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée National de Beyrouth).



AUTOUR D'UN LIVRE - Conférence-débat du 23 février 2017

L'Association libanaise pour le développement de la psychanalyse a le plaisir de vous inviter à une conférence-débat avec le

Dr Sami RICHA

autour de son ouvrage

LA PSYCHIATRIE AU LIBAN
Une histoire et un regard

Modérateur : Maurice Khoury

Le jeudi 23 février 2017 à 19h30, Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro.

L’ouvrage de Sami Richa, La psychiatrie au Liban ; une histoire et un regard, retient par l’approche largement documentée de l’auteur, avec une lecture personnelle de la maladie mentale, articulée à la richesse des données historiques de la psychiatrie dans notre pays ; des premiers balbutiements jusqu’aux interrogations actuelles, scandées par une surprenante et très touchante collection d’archives qui donne à l’histoire sa matière vivante. Cette histoire, réinterrogée à la lumière de la pratique actuelle, ouvre des voies de réflexions qui seront discutées dans notre soirée du 23 février 2017.

Sami Richa est un psychiatre libanais né en 1969. Ayant fait ses études scolaires et universitaires chez les jésuites, il se spécialise en psychiatrie et est nommé en 2010 Chef de Service de Psychiatrie à l’Hôtel-Dieu de France, service qu’il contribuera à créer. Il enseigne depuis l’année 2001 et est nommé Maître de conférences et Chef de Département de Psychiatrie à la Faculté de Médecine de l’Université Saint-Joseph en 2008. Il obtient en 2009 un Doctorat en Bioéthique de la Faculté de Médecine de l’Université Aix-Marseille. Auteur de très nombreux articles médicaux, il obtient en 2015 une habilitation à la direction des recherches.

Lire le commentaire de l'ouvrage, par M. Khoury.



CONFÉRENCE DU 12 JANVIER 2017

LE TEMPS [C'EST] DE L'ARGENT
Réflexion sur une conception de l'argent dans la cure et dans la culture


Maurice KHOURY
Modératrice : Mona Chahoury Charabaty


Argument

« Le temps c’est de l’argent », boutade connue à partir de Benjamin Franklin, est réinterrogée dans cette communication. Le conférencier y montre, avec Freud, que la cure psychanalytique trouve son principal enjeu dans une relative perte de temps et d’argent : celui du temps de la répétition et de la perlaboration. Dans une deuxième partie, l’argent dans la culture est considéré à partir du langage populaire, des dictons qui y circulent ainsi que du rapport argent/analité dans quelques proverbes issus de l’inconscient individuel et de l’inconscient collectif qui s’alimentent mutuellement.


Le jeudi 12 janvier 2017 à 19h30, à l'Hôtel Smallville, rue de Damas, Badaro (en venant de Furn el Chebbak vers le Musée national de Beyrouth).



CONFÉRENCE DU 21 OCTOBRE 2016

L’Association libanaise pour le développement de la psychanalyse et l’Ambassade de suisse au Liban, vous invitent à une conférence-débat autour du thème :

LE SUICIDE DES JEUNES
Énigme du monde contemporain ?

François LADAME
Présentation de Marie-Thérèse Khair Badawi

Le vendredi 21 octobre à 19h00, à la résidence de l'Ambassade suisse, 122 rue Sursock (dernier immeuble de la rue Sursock, à gauche).

Dr. François LADAME est membre formateur de la Société suisse de psychanalyse, président du Sponsoring Committee de l’Association psychanalytique internationale pour l’ALDeP, ancien professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Genève et ancien chef des Unités de psychiatrie pour adolescents et jeunes adultes aux Hôpitaux Universitaires de Genève.



CONFÉRENCE DU 19 MAI 2016

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