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Réalité du transfert dans les psychothérapies

Mona CHAHOURY CHARABATY

(Article paru dans les Actes du 1er Colloque de la Société libanaise de Psychanalyse ; avec le concours du Conseil de la Recherche de l’Université Saint Joseph de Beyrouth, mai 1999, pp. 61-71).


Argument


L'action thérapeutique s'exerce à travers la relation qui s'établit entre le thérapeute et son patient. Le transfert est un processus psychologique lié aux automatismes de répétition, qui tendent à reporter sur des personnes ou des objets apparemment neutres des émotions et des attitudes qui existaient dans l'enfance.
C'est à l'occasion de l'échec du traitement cathartique d'Anna O. avec Breuer que Freud a été amené à découvrir et prendre en compte le phénomène de transfert et à renoncer à l'hypnose. Freud en fait l'élément majeur de la technique psychanalytique. C'est sa reconnaissance et son utilisation à des fins thérapeutiques qui caractérisent la psychanalyse par rapport aux autres thérapies. Il est le levier de la cure.
L'analyste sait qu'il ne fait que se prêter au rôle de support transférentiel. Il doit pouvoir repérer d'emblée les diverses figures qu'il peut incarner pour son patient. Cet écart maintenu par l'analyste permet après-coup au patient d'analyser ce transfert, donc de progresser.
L'analyste doit être à même d'analyser son contre-transfert, entendu comme la somme d'affect suscités en lui par son analysant, pour éviter qu'il ne vienne empêcher le fonctionnement du travail en le détournant de sa position d'analyste.

Qu'en est-il des autres thérapies ? Le transfert est-il inhérent à toute psychothérapie ? Quelles seraient alors sa place et sa fonction ?

La question sera abordée dans trois groupes sélectionnés de psychothérapie :

a) Les psychothérapies d'orientation analytique ou aménagement particulier de la cure : psychothérapies d'enfants, états psychotiques, mère-bébé, troubles psychosomatiques et même ethnopsychanalyse. Ce sont des thérapies qui reconnaissent et utilisent le transfert ;

b) Les psychothérapies cognitivo-comportementales ; dans ces thérapies, thérapeute et patient prennent pour cible un symptôme ou un comportement qu'ils essayent de faire disparaître ou d'atténuer de la façon la plus économique possible. Le thérapeute se positionne en scientifique soignant, armé de techniques et protocoles d'examen et d'interventions codifiées et systématiques.
Conséquences : les modalités d'intervention et les balises réduisent ou empêchent toute prise de conscience de la relation thérapeute-patient.
Le souci de l'efficacité et de la rentabilité fait que la thérapie est directive et le discours du patient orienté. N'est pris en compte que le contenu pouvant servir la stratégie thérapeutique établie. Le transfert est ignoré délibérément et son expression n'a aucune place. Seule est admise l'identification au thérapeute dans la maîtrise de ses affects et ses agissements (technique du modeling).
Philippe Jeammet plaide en faveur de cette thérapie pour certains patients inaptes au transfert et qui, de ce fait, ne font pas de demande d'analyse. Il peut être intéressant dans leur cas de faire appel à des médiations, c'est-à-dire à l'usage de techniques suffisamment bien codifiées pour qu'elles puissent apparaître comme l'élément moteur de la thérapie.

c) Les psychothérapies psycho-corporelles et néoreichiennes (Gestalt, cri primal, bio-énergie). Elles prétendent permettre et encourager une relation “authentique” client-thérapeute. En réaction à la psychanalyse, critiquée, cette relation se vit en termes de réalité : soit le transfert est alimenté par une attitude investie d’affects de la part du thérapeute et l’acting-out favorisé sans aucune élaboration fantasmatique ; soit le discours émotionnel du patient est renvoyé à d’autres destinataires : papa, maman… Le névrosé s’installe en place de victime, le thérapeute l’engageant à considérer ses parents comme fautifs, se positionne en bon parent. Le transfert est sommé de s’en tenir à ses manifestations amoureuses. Serait-ce la tyrannie du “crois-moi” et du “suis-moi” de l’amourologie ?

Dans ces thérapies, le transférentiel est là, allant dans tous les sens ; il est tantôt agi, tantôt ignoré, dévié, divisé. La décharge pulsionnelle encouragée ou induite ne présente pas de bénéfices pour l'économie ou la dynamique du sujet. Cas particulier de la relaxation d'inspiration analytique.

En conclusion, le cadre analytique notamment par la règle d'abstinence, l'obligation pour le thérapeute d'avoir été soi-même analysé, garantissent la fonction thérapeutique du transfert. Les thérapies qui “jouent" à provoquer le transfert, exacerber ses manifestations, héritent de la catharsis. Elles ne permettent pas la résolution de la répétition névrotique. Et celles qui le mettent de côté dans une visée d'objectivité scientifique, sont obligées d'ignorer le discours de l'homme souffrant, choisissant délibérément de ne pas poser la question : “Homme, quelle est ta souffrance ?” Elles lui promettent de la soigner, comme la mère qui aura nourri le bébé sans avoir jamais connu son nom.


Accéder au texte intégral en cliquant ICI.




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