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Commentaires d'articles et d'ouvrages

Comment devient-on psychanalyste ?
Jacques Nassif

Wafica ABOU-HABIB KALLASSI

J. Nassif, philosophe et psychanalyste d’origine libanaise, a transcrit ce livre, toujours d’actualité. Nous en présentons ici quelques citations en résumé de ce questionnement qui retrace une démarche analytique épistolaire entre une jeune fille, projetant de devenir psychanalyste et un psychanalyste.


Comment repère-t-on un psychanalyste lors d’une première rencontre et comment le choisir ?

« … comme je pense qu’un psychanalyste, lorsque vous en rencontrerez un, sera quelqu’un de repérable par le fait qu’il fera confiance au symptôme que vous lui aurez avoué, lui donnant raison et ne cherchant pas à le gommer, ni d’ailleurs à le nommer avec des mots lui appartenant et en fonction d’une grille qui lui serait propre. » (p.16)


Choisir un psychanalyste pour se ranger dans un camp ? Ou pour une garantie ?

« Aucune légitimité ne vous vient du fait de pouvoir proclamer une origine qu’il serait vain d’afficher et qui peut fort bien demeurer honteuse. Dire que l’on fait son analyse avec X ou Y, c’est plutôt se choisir un camp que se couvrir d’une garantie : d’un même psychanalyste peuvent découler le meilleur et le pire ; et il est donc préférable de penser en ce domaine que personne n’engendre vraiment personne. » (p. 17-18)


Pourquoi le divan ?

« Car s’il est une chose dont il est peut-être difficile de transmettre l’expérience, sans qu’elle ait été vécue au préalable, c’est celle de la nécessité de ce dispositif du divan, qui consiste moins à s’allonger pour parler qu’à devoir s’adresser à quelqu’un qui s’est rendu invisible, la parole s’épurant ainsi de toutes les adhérences qu’elle entretient avec le regard. » (p. 22)


Et à la question pertinente de savoir si la psychanalyse n’a plus de Maître, la réponse est :

« Or ne croyez surtout pas que l’inconscient lui-même soit exempt de ces séductions. Il réalise même le tour de force de parvenir à plaire à son porteur avec de la lettre morte à laquelle sa rhétorique si particulière donne les apparences de la vie. Est-il donc si répréhensible d’emprunter les armes dont il use lui-même et abuse peut-être ?

« Il ne faut pas vous en formaliser, il y a dans la position du psychanalyste bien des aspects qui l’apparentent au sophiste, lui qui doit l’être au moins à demi pour pouvoir retourner tous les sophismes avec lesquels l’inconscient nous mène parfois par le bout du nez.

« [Sur la fonction du Maître] … elle consiste à pouvoir assumer d'être l’auteur du discours analytique, ce qui est évidemment une supercherie, puisqu’un tel discours est toujours l’œuvre, à parts égales, d’au moins deux sujets, sinon de beaucoup d’autres. » (p. 23-24)


Pourquoi faut-il payer son analyse ?

« L’acte de payer pour parler vise, en effet, d’abord à ne plus permettre que soit laissée dans l’ombre la couleur de l’argent : la question de savoir qui paye met sur la voie de pouvoir répondre à la question de savoir qui parle. »
« … ce que paye un analysant […] c’est la constitution d’un espace et l’extraction d’un temps dans lesquels l’argent ne sera plus seulement l’argent. » (p.28)


Qu’en est-il des voies pour devenir psychanalyste ?

« La psychanalyse serait-elle à vos yeux une forteresse ? » (p. 35)

« Or, comment vous révéler plus simplement qu’il n’y a pas de voie unique menant à la possibilité d’occuper cette place : autant de saints que de chapelles ! »

« En effet, ce que “l’amour de transfert”, tel que nous l’appelons, peut produire de mieux, c’est la reconnaissance du fait qu’il ne saurait se fixer pour objet un être ordinaire, mais rien de moins qu’un saint qui, une fois rencontré, reconnu et visité au travers d’une psychanalyse, pourra aider le sujet à désacraliser la chapelle où il l’a appelé et dont il a découvert l’architecture, en même temps qu’il en déconstruisait les murs, tels qu’il les avait édifiés pour l’accueillir. » (p. 37)

« Devenir psychanalyste, puis-je à présent vous répondre, c’est se donner personnellement les moyens d’offrir à un tel sujet, s’il le demande, d’être le témoin réservé d’une telle découverte, étant donc posé qu’elle ne peut se faire que par soi-même, mais non sans que l’on se soit donné le relais d’une écoute, au moins hypothétique, par un tiers, qui vous fasse entendre ce qui se dit derrière toute demande, et donc ce que l’on sait déjà à son insu même. » (p. 41)


Quelle est donc la source de ce « désir de l’analyste » ?

« Or il ne faut justement pas ignorer que ce qu’un analysant demande nécessairement, c’est que lui soit restitué un bien qu’il a plus ou moins irrémédiablement perdu et auquel il restera lié tout au long de sa vie par toutes les fibres de son être. Le principal de votre tâche va dès lors consister à pouvoir incarner cet objet perdu, tout en sachant fournir à ce plaignant les moyens de supporter sa perte.

« Lui suggérer qu’il dispose de tels moyens ne servira de rien si le cours de l’analyse ne lui a pas enseigné à quel point l’objet en question était déjà perdu, avant même qu’il ne s’en enquière pour en réclamer la restitution. L’analyste sera donc essentiellement cette entité instable qui évolue dans le temps pour être tour à tour cet objet et ne l’être pas. » (p. 82)

« … il est clair que tous ces psychanalystes, même s’ils se réclament d’une même fonction ou s’attribuent le même titre, ont effectivement des pratiques tellement diverses que le concept même de cette pratique ne peut qu’en ressortir confus dans le public, voire incertain ou indéterminé dans leur propre tête. » (p. 84)


Alors que veut un psychanalyste ?

« Tout analyste qui se respecte […] joue moins avec les mots qu’avec le feu. » (p. 96)

« Et ne serait-il pas plus judicieux, pour cadrer la relation analytique, d’employer le mot de “contrat” ? … [mais] un contrat sans tiers a toujours à voir avec le masochisme. » (p. 97)

« Un analyste ne peut donc se passer d’institution. » (p. 107)

« … c’est bien à l’école de l’écriture littéraire que je vous conseillerai le plus vivement de vous mettre, suivant d’ailleurs de cette façon la voie bien tracée de Freud, qui était le très fin lecteur que vous savez des textes de la grande littérature universelle. » (p. 102)

« … le poète précède toujours l’analyste sur des terres de l’âme humaine où il s’avance en découvreur avant lui… » (p. 103)
« Vient toujours un moment dans une analyse où la butée sur le silence d’un indicible oblige parfois l’analysant lui-même et presque toujours l’analyste à faire preuve d’une invention verbale ayant à voir avec la création poétique.

« Traverser certains déserts ou toucher à de la souffrance toute nue ne peut que vous y conduire. » (p. 104)
« Mais le temps du poème est parfois trop court. Et vous pensez bien que l’analyse est par définition ce qui conduit un sujet à s’apercevoir que sa vie est un roman. » (p. 105)

« … la littérature et la psychanalyse forment, pour ainsi dire, l’envers et l’endroit d’une même bande de Möbius, dans laquelle le coup de ciseau adroit d’une interprétation vient faire la différence. » (p. 106)

« Bref, je suis sûr que vous éviterez de faire du discours analytique une grille universelle ou une clé qui ouvre toutes les portes, l’exposant ainsi au danger de devenir “infalsifiable”… » (p. 108)

« Je peux dire à présent que cette pratique se situe très précisément à mi-chemin entre l’écriture qui révèle l’auteur, et celle des sciences où l’auteur tend à se désagréger. » (p. 109)

« … car la vérité dont vous allez tenter de dévoiler le visage ne peut que se mi-dire, comme l’avait dès longtemps découvert Balthazar Gracian, dans son Homme de cour… » [bien avant les psychanalystes !] (p. 110)





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